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Edito du 19 avril

« Reste avec nous Seigneur, le soir approche » (Luc 24,29)

Tel est le beau cri que nous entendons dans l’Evangile de ce dimanche, celui du récit des disciples marchant vers Emmaüs … Ce cri du cœur que nous sommes invités à redire à notre tour …

Nous avons l’habitude d’appeler ce texte « l’Évangile des disciples d’Emmaüs » … ; ne vaudrait-il pas mieux dire « l’Évangile des disciples retournant à Jérusalem … » car c’est bien là ce qu’il faut retenir … ?!

La rencontre avec Jésus leur a en effet donné de « se retourner », de se convertir pour retrouver leurs frères et être auprès d’eux les témoins de la Bonne Nouvelle ! C’est bien là le sommet auquel ce texte nous conduit …

Pourtant, ce texte mérite bien de s’appeler « l’Évangile des disciples d’Emmaüs … »

Du côté de Dieu, le chemin d’Emmaüs a un goût de commencement, de recommencement … Un soir, un autre soir, Dieu se promenait dans le jardin d’Eden pour y chercher sa créature … Adam, où es-tu ? Ce jour-là Adam et Eve se cachaient car ils avaient peur de Dieu.

Sur le chemin d’Emmaüs Dieu continue de chercher l’homme mais, pour ne pas l’effrayer, il avance incognito : « Jésus lui-même s’approcha et il marchait avec eux ». Il prend la route des hommes en déroute.

Il pose cette 1° question : De quoi discutez-vous en marchant ? Question que Jésus aime souvent poser et dont le résultat n’est pas toujours brillant … Question qu’il nous pose aujourd’hui …

Les deux hommes s’arrêtèrent alors tout tristes … Il n’est pas inutile de nous interroger : Qu’est-ce qui parfois rend mon visage sombre ? D’où vient cette tristesse intérieure ? Pourquoi suis-je accablé ?

C’est là que se joue le chemin d’Emmaüs : c’est dans nos misères et nos blessures que le Christ Serviteur vient nous rejoindre pour renouveler notre vocation.

Le travail intérieur qui s’opère dans ce chemin d’Emmaüs en acceptant de nous laisser rencontrer par le Christ permet de faire de nos fragilités ou de nos poids des points d’appui pour avancer, pour puiser dans nos zones d’ombres des sources de lumière …

C’est précisément sur cette fausse route que le Christ vient nous rejoindre ; c’est là que la lumière de sa mort et de sa résurrection nous rejoint ; dans la mesure où j’accepte d’être rejoint précisément là …

C’est pourquoi il est bon que ce récit garde ce nom d’« Évangile des disciples d’Emmaüs » …

Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent …

Vous vous rappelez qu’au début de ces quelques lignes je vous parlais de Dieu qui se promenait dans le jardin ; mais Adam et Eve se cachaient ; leurs yeux ouverts avaient honte ; car ils étaient nus …

Ici, à Emmaüs, il nous est dit : leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent …

Les disciples ont été à l’opposé d’Adam et Eve … Ils ne se sont pas cachés.

Leurs cœurs étaient tout brûlants …

Alors ils repartent et ils éprouvent leur besoin de parler … leur fausse route, leur désespoir, leur rencontre, tout cela devient une histoire sainte qui s’est trouvée éclairée dans la mort et la résurrection de leur Maître qui a pris du temps avec eux.

Ils n’ont qu’une chose à dire : Il est vivant ; ou plutôt deux choses à dire : Il est vivant ; et nous sommes vivants !

Bon temps pascal !

Père Patrice Guerre, curé de la paroisse Sainte-Anne des Calades
06 80 32 75 74 / p.guerre@lyon.catholique.fr

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