Testament

Ce mot évoque inévitablement l’héritage ; un médecin sortant de visiter un vieillard mourant dit au fils : « c’est grave, il faut vous attendre à tout. » Ah non, dit le fils : « j’ai un frère, il faudra que je partage. »

Notre héritage à nous croyants, c’est en effet ce que nous partageons de ce que nous ont légué ceux qui ont vu, afin que nous puissions croire sans avoir vu. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » ( Évangile de saint Jean 20,24-29)

Le testament c’est aussi le témoignage ; les témoins « attestent », certifient : « Ce que nous avons vu ce que nos mains ont touché nous en sommes témoins » (1° lettre de saint Jean 1,1)

Mais surtout, ce dont le testament témoigne, c’est l’alliance ; en grec « diatheke » (alliance-testament), en hébreu « berith » (promesse-alliance) ; ces mots expriment l’existence d’une relation ; en l’occurrence, pour les Juifs et les Chrétiens, la relation que Dieu établit avec les hommes.

Par l’Ancien Testament, Dieu nous dit comment vivre cette relation ; c’est l’épisode fameux de Moïse recevant les Tables de la Loi, sur lesquelles sont inscrits les 10 commandements. Pour les Juifs de l’époque, l’Ancien Testament était moins des commandements que la Parole même de Dieu : « Toutes les paroles que le Seigneur nous a dites, nous les mettrons en pratique.» (livre de l’Exode 24,3-4)

Par le Nouveau Testament – que le Judaïsme n’a pas adopté – attendu et annoncé par les Prophètes, le Christ montre la nature même de Dieu : Dieu est amour ; il n’est qu’amour, il n’est tout-puissant que d’amour (cf. Varillon). Jésus prolonge les 10 commandements en les remplaçant par un seul : « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Évangile de saint Jean 13,34-35). En quelque sorte, la relation de l’Homme avec Dieu s’incarne dans la relation aux autres. Ce n’est nullement une remise en cause de l’Ancien Testament car Jésus n’est « pas venu pour abolir mais pour accomplir .» (Évangile de saint Matthieu 5,17-20) Saint Augustin le formule différemment :
« Le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien Testament ; l’Ancien Testament est révélé dans le Nouveau Testament. » L’un n’est compréhensible qu’en lien avec l’autre.

Pas de remise en cause, mais pour les Chrétiens, la loi est remplacée par une personne, le Christ, venu accomplir l’alliance définitive avec non seulement un peuple (Israël) mais avec chaque être humain. L’appellation « testament » souligne, comme dans le cas d’un héritage, la primauté du testateur (Xavier-Léon Dufour, dictionnaire de la Théologie Chrétienne, Encyclopaedia Universalis – Albin Michel, 1998) : c’est Dieu qui décide de faire alliance. À nous de la vivre en justice et sainteté : être juste, c’est être ajusté à Dieu ; être saint, c’est, dit le pape François : « la meilleure réponse possible à l’amour de Dieu. »

 

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