Synode – Concile

Quand un thème, un problème, une question de société est d’importance universelle, le pape convoque à Rome un Synode des Évêques ; il l’a fait récemment en octobre 2013 au sujet de la famille et des divorcés remariés.

 

SYNODE

Ce mot exprime l’idée d‘un chemin commun, d’un rassemblement, d’entrer ensemble en un même lieu. On trouve la même racine dans « synagogue », le lieu ou l’on s’assemble.

Le synode, comme le concile est une assemblée de responsables d’une Église.

dans les diocèses, dans les paroisses ; mais surtout c’est l’assemblée des Évêques d’un pays pour analyser des situations, élaborer des propositions pour le Pape.

 

CONCILE

Du latin « concilium » = assemblée. Même racine pour le mot « réconcilier » = revivre ensemble. Pour les catholiques le Concile est une assemblée des grands responsables de l’Église, chargés de définir les orientations, les changements les règles de base de l’Église universelle.

 

Le premier concile

Le premier rassemblement des apôtres en 49 ou 50 à Jérusalem, a vu l’affrontement souvent musclé entre Pierre et ses amis d’une part qui prétendaient réserver aux seuls Juifs la possibilité du baptême, et Paul qui soutenait l’universalité donc l’ouverture à tous ; la décision finale en faveur de Paul a permis l’essor du christianisme, au point que certains théologiens voient en lui « l’inventeur » du christianisme, puisque par nature le Christ n’était pas chrétien.

 

Le premier concile œcuménique (du grec oikoumene = universel) est celui de Nicée en 325, bien que convoqué par l’Empereur Constantin et non par le Pape ; il avait pour but de lutter contre la doctrine arianiste ; après l’avoir condamnée, les pères conciliaires ont édicté le «Symbole de Nicée», une des deux versions du «Credo » par lequel à la Messe, les Catholiques affirment leur Foi. (Symbole = signe, représentation abstraite).

 

Vatican II

Le 21° Concile et dernier en date, Vatican II, a été annoncé en 1959 et inauguré par le pape Jean XXIII en 1962 ; un Concile ne peut être convoqué que par le pape ; il ne se tient que sous son autorité ; si le pape meurt, le Concile se sépare.

 

Au cours d’un Concile s’accumulent réflexions, discussions, et parfois affrontements, par exemple quand les pères conciliaires ont rejeté des textes presque imposés par la Curie. Le cardinal Roberts archevêque de Bombay dans les années 60, a eu ce mot : «un Concile, c’est une partie de ballon où tous les joueurs sont des évêques.» Vatican II conçu à l’origine pour quelques semaines a duré, avec des pauses entre les sessions, trois ans !

Le résultat de Vatican II, c’est-à-dire l’adaptation à notre temps, a provoqué des remous : un schisme, celui des intégristes. Mais aussi des départs de prêtres, des innovations théologiques) ou liturgiques.

 

Ce Concile, quelle bouffée d’air frais ! En 1966, les participants au pèlerinage des étudiants à Chartres, entrant dans la Cathédrale, entendaient ce chant : « Réveille-toi, ô, toi qui dors ». Et c’était exactement ce que vivait l’Église. Elle s’est réellement ouverte, assumant les risques de cette ouverture.

 

Conclu en 1965 par le pape Paul VI, Vatican II a apporté d’immenses évolutions, dans la liturgie, la place des laïcs et les relations avec les autres religions notamment chrétiennes dont des représentants, par exemple le frère Roger de religion réformée,  alors prieur de Taizé, grand témoin et précurseur de l’œcuménisme, assistaient au Concile.

 

Les textes émis par un Concile sont de trois ordres, par importance croissante.

Vatican II a produit : – 3 « déclarations ».

               – 9 « décrets ».

               – 4 « constitutions », qui sont les textes les plus marquants :

– Sacrosantum Concilium (sainte assemblée) sur le thème de la Liturgie.

– Lumen Gentium (lumière des hommes) sur le thème de l’Église.

– Dei Verbum (parole de Dieu) sur le thème de la Révélation.

– Gaudium et Spes (joie et espérance) sur le thème de l’Église dans le monde.

 

Chaque texte doit être approuvé par le pape, qui l’annonce et le met en œuvre.

Ces textes sont d’une telle richesse, d’une telle profondeur, que 50 ans après, le Pape Benoît pouvait dire que nous n’en sommes qu’au commencement de la mise en application de Vatican II, ce que fait le Pape François avec vigueur, en engageant une réforme de la Curie.

 

Dans les premiers temps de l’Église, les chrétiens étaient appelés « ceux qui se rassemblent » : nous ne pouvons être chrétien seul dans notre coin. Le Christ, en réponse à ses disciples qui lui demandent de leur apprendre à prier, répond : « dîtes Notre père ». Notre Père et pas mon Père ; nous ne sommes chrétiens qu’ensemble ; et ce qui nous rassemble, c’est l’Église ; dire oui à Dieu ou au Christ mais non à l’Église, ça ne marche pas. Et dans l’Église, ce qui nous fait chrétiens vivants et nous rassemble, c’est l’Eucharistie, préfiguration de la communion des saints.

 

 

Quelques titres (parmi beaucoup d’autres) pour approfondir :

– Pierre Corval (Directeur de l’ORTF à Rome pendant le Concile) : Le Concile et les hommes de notre temps.

– Abbé René Laurentin. Le Bilan du Concile, (plusieurs tomes). 

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