Sacré, sacrement

Au Canada, « sacrament » fait office de juron, comme « tabernac ». Les trappeurs sont des gens rudes, même s’ils se font rares dans les rues de Montréal ou de Québec.

Sacré, sacrement, sacrifice ont la même racine, exprimant un rapport à la divinité ; mais si le sacrifice est fait pour se concilier les bonnes grâces du ou des dieux, le sacrement procède du mouvement inverse : c’est Dieu qui se donne, et parce qu’il se donne, par amour, nous vivons comme il nous le demande, en enfants aimants, mais aussi en adultes responsables qui perçoivent que le tout de la vie est précisément dans ce que Dieu nous indique.

Le sacrement, c’est un ensemble de rites, de gestes, de paroles qui manifestent la grâce que Dieu nous donne. Ce qui est important c’est : « Dieu donne ». Existent sept sacrements, dont deux sont plus importants : le Baptême et l’Eucharistie.

Il n’est pas rare d’entendre dire : « J’ai fait ma confirmation ». Ce qui est en partie une erreur, car s’il est vrai que nous faisons une démarche vers le sacrement, c’est Dieu qui fait le sacrement, pas moi. Dans le sacrement, Dieu fait corps avec nous, au point qu’il entre en nous, par l’Eucharistie sacrement majeur, mais aussi par le Baptême ou la Confirmation ; par l’huile, le chrême (voir Christ), produit qui entre dans la peau…

Quant au « SACRÉ », il n’existe pas en tant que tel. La notion de sacré se rapporte toujours à quelque chose : le sacré cœur, les lieux sacrés, les vases sacrés, le boeuf sacré, les reliques sacrées…

La notion est proche de ce que Freud a démontré comme structurant les groupes : le tabou. Les choses sacrées, on n’y touche pas, car elles nous parlent de ce qui est au-delà du quotidien, au-delà de l’immédiatement perceptible ; c’est du domaine de la transcendance : Les choses sacrées nous élèvent, nous font pressentir une proximité avec le divin. C’est ce que disaient saint Athanase et aussi saint Irénée : « Le Christ s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu.»

Cela résume la fonction du sacrement : nous immerger – comme au Baptême – dans ce qui est sacré, nous y faire participer, alors qu’à certaines époques c’était réservé à une caste de prêtres. C’est le sens de ce qui se produit le Vendredi Saint, quand « le rideau du temple se déchire » au moment que meurt jésus. Ce qui était caché est révélé, donné : « Vous avez reçu tous les dons », dit saint Paul, se référant aux sept dons de l’Esprit, auxquels répondent les sept sacrements. Au moment du Baptême du Christ, on entend : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. » Ce n’est pas seulement de Jésus dont il est question, mais de chaque baptisé ; tout est entre nos mains, tout est accompli.

 

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