Péché

« À tout péché, miséricorde » disait la sagesse populaire quand il y en avait une ; nous sommes dans l’année jubilaire de la miséricorde, qu’est-ce donc que ce péché qui nous vaut cette miséricorde ?

 Le mot vient d’un mot hébreu qui signifie : « rater sa cible ». Rater, bon, on comprend ; mais la cible ?

C’est tout simplement le but de toute vie : être proche de Dieu, être « juste » c’est-à-dire ajusté à Dieu, proche de Dieu, de son « Royaume » qui est le Christ. Être pécheur c’est par conséquent être éloigné de Dieu, soit par méconnaissance soit par rupture. Pour les Pharisiens, le pécheur était celui qui n’observait pas la loi car elle seule, avec tous ses préceptes permettait de faire la volonté de Dieu ; Jésus, remplaçant la loi (+ de 600 préceptes) par un seul « commandement » d’amour, était considéré par les Pharisiens comme pécheur. « Nous avons été affranchis de la loi de sorte que nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit et non plus sous le régime périmé de la lettre ». (Lettre de saint Paul aux Romains 5,1)

 

Comment sait-on qu’on est pécheur ? Saint Paul nous l’apprend : Nous ne connaissons le péché que par la loi ; sans loi, donc sans limites, sans normes, le péché n’existe pas. C’est ce qui s’est passé à l’origine, Adam et Ève (c’est-à-dire nous tous) ont enfreint une loi : « Tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du mal » (Livre de la Genèse 2,17). Selon une tendance liée à la condition humaine, Ils ont abusé de leur liberté, trahissant ainsi la confiance de Dieu, s’éloignant de lui, se mettant en rupture.

 

Bien entendu, l’être humain étant particulièrement imaginatif, les péchés possibles sont nombreux ; on connaît les « péchés capitaux » : avarice, gourmandise, luxure, orgueil, envie, paresse, colère. Ils ne sont pas capitaux au sens où ils entraîneraient une peine capitale, mais parce qu’ils sont « en tête » d’une multitude d’autres qui sont concrètement des refus de la relation : avec les autres donc avec Dieu .

 

L’humanité est une. On reconnaît aisément un être humain d’un animal moins évolué.

(quoi que…) Le péché, lié à notre humanité est présent en chacun : « Ce que je veux je ne le fais pas, ce que je ne veux pas je le fais, ce n’est pas moi qui agis, mais le péché qui habite en moi ». (Lettre aux Romains 7,7) Le Christ est venu montrer que nous pouvions sortir de cet état ; par sa Résurrection, il est mort au péché et nous à sa suite : « Et vous-mêmes regardez-vous comme morts au péché et vivants pour Dieu dans le Christ Jésus. » (Lettre aux Romains 6,8-11) Car, dit encore saint Paul, « Là où le péché abonde, la grâce surabonde…Tous ont péché, sont privés de la gloire de Dieu, mais sont gratuitement justifiés par la grâce, en vertu de la délivrance accomplie en Jésus-Christ ». (Lettre aux Romains 3,23)

 

Désormais, éviter de pécher, ce n’est pas par peur de la loi et de ses conséquences, mais parce que nous nous savons aimés de Dieu ; en nous créant il nous a donné maîtrise sur toutes choses et donc sur nous-mêmes. C’est ce que n’ont pas fait Adam et Ève : se maîtriser soi-même.

 

Alain de Guido, mai 2016

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