Lumière

Dans notre univers, la lumière vient d’en haut, du soleil. D’où l’idée d’y loger les divinités, surtout quand dans l’Antiquité, comme en Égypte on adorait directement RÂ le soleil. Par conséquent, tout ce qui s’opposait à la divinité était logé en bas, dans les ténèbres, les sous-sols ; l’enfer, dans l‘imaginaire humain, s’y trouve, ( tous ceux qui sont allés dans un parking à la Part -Dieu savent ce que c’est !) avec en prime des flammes.

 

Évidemment, tout cela est symbolique ; (voir le mot « ciel ») Dieu n’est pas là-haut, dans les nuages. Youri Gagarine 1° homme dans l’espace en avril 1961, en bon emblème de l’univers communiste anti-religieux s’en réjouit : « Je n’ai pas vu Dieu ». Depuis, il a été avéré que Gagarine, Chrétien Orthodoxe, n’a jamais prononcé ces mots ; c’est Nikita Krouchtchev qui aux fins de propagande, les lui a attribués. Il n’a rien vu parce que Dieu est venu sur terre : « Pourquoi regardez-vous vers le ciel ? »(Actes des Apôtres 1,11). Le Christ lui-même nous l’a dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Évangile de saint Matthieu 18,20). Pas au milieu, assis sur les bancs de l’église ou de la réunion à la salle paroissiale : au milieu de chacun. C’est là qu’il faut chercher la lumière, cette flamme que la parole allume.

 

Si la lumière vient de Dieu c’est parce que la « Parole » donne un sens, un éclairage à nos vies, depuis qu’il y a de la vie sur terre : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ». (Prologue de l’Évangile de saint Jean 1,1-18)

Et plus encore la vie du Christ est une lumière car, fait homme (le Verbe s’est fait chair), il rend la parole compréhensible immédiatement : on le voit, et disait-il : « Qui me voit, voit le Père ».(Évangile de saint Jean 14,8-9)

 

La lumière, c’est le symbole de la vie ; pas de vie sans lumière ; pas d’art sans lumière ; pas de culture sans lumière ; pas de communication, de relation entre les humains sans lumière. C’est pourquoi la lumière est pour les Chrétiens le symbole de la Résurrection, matérialisée par le cierge pascal, inauguré chaque année le Samedi Saint ; le Vendredi Saint, le jour que meurt Jésus « Il y eut des ténèbres sur toute la terre » ( Évangiles de saint Matthieu 27-45, de saint Luc 23,44-50, de saint Marc 15,25-33-45). Le Samedi Saint marque la sortie des ténèbres, le retour à la vie ; pas seulement celui du Christ vivant malgré la mort, mais le nôtre, car nous sommes le corps du Christ. (1° lettre de saint Paul aux Corinthiens 12,27)

 

La lumière c’est l’espérance, ce qui nous attend de lumineux ; cette lumière, cet éclairage que nous recevrons quand nous verrons Dieu : « Nous connaîtrons qui nous sommes (autre traduction : nous serons semblables à Lui ) parce que nous Le verrons tel qu’Il est. » (1° lettre de saint Jean, 3,2) Peut-être est-ce possible dès maintenant ? Comme Saül, foudroyé, aveuglé (jeté dans les ténèbres) sur la route de Damas et qui revit en devenant saint Paul ? Comme les Mages, conduits vers le Christ par une lumière inconnue et qui repartent « par un autre chemin » vers une nouvelle vie ?

 

À Taizé, on chante : « Jésus, le Christ lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler ».

Alain de Guido, février 2016

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