Le purgatoire

Nous conservons souvent de notre enfance des notions théologiques mal comprises, parce qu’à l’époque il s’agissait d’apprendre « par cœur » ; ceci, pour les plus âgés d’entre nous. Mais aussi parce que peut-être ces notions étaient mal présentées. Le Purgatoire faisait partie d’un arsenal répressif que Dieu utilisait si on ne marchait pas droit, le terme final étant bien entendu l’Enfer, les flammes éternelles. La littérature, la peinture ou simplement l’imagerie catholique ont renforcé cet aspect punitif.

 

Qu’est-ce donc que ce Purgatoire ?

 

Du latin « purgare », qui signifie aussi bien purifier que purger ; Molière dans « Le Malade Imaginaire » donne au médecin le nom de PURGON, lequel énonce sa méthode de soin dans un latin de cuisine : « clistérium donare, postea saignare, ensuita purgare ».

 

Plus intéressante est évidemment la notion de purification ; dans notre tête, on a mis l’idée que le Purgatoire est un lieu ou après la mort, on se purifie avant d’entrer – éventuellement – en Paradis, après un temps consacré à….on ne sait quoi. Comme le dit le père Varillon : « l’Église est discrète à ce sujet ». Ce qui se passe après la mort, qui le sait ? Dieu seul. Dieu seul sait si quelqu’un ou quelques uns se trouvent en Purgatoire, car Lui seul connaît le secret des coeurs.

 

Le purgatoire est souvent présenté comme un moment et un lieu ; or ni le temps ni la géographie ne sont des aspects de notre relation à Dieu. C’est le danger de certaines formulations mal expliquées. Par exemple, la vie éternelle : Le Cardinal Ratzinger dit clairement que cette notion exprime une qualité de la vie, une intensité, une profondeur, mais sûrement pas une notion de temps. (La Mort et l’Au-delà – Fayard 1977)

 

Il en est de même du Purgatoire ; c’est plutôt un état de notre relation à Dieu. Le Purgatoire, dit le Cardinal Ratzinger «…ce n’est pas un camp de concentration dans l’au-delà, où l’homme devrait subir des châtiments qui lui seraient imposés de manière plus ou moins positive…c’est plutôt le processus interne et nécessaire de transformation de l’homme par lequel ce dernier devient capable du Christ, capable de Dieu et, par suite, capable de s’unir à la communion des saints ».

 

Dieu ne punit pas ; il ne sait pas faire ; Dieu ne sait qu’aimer (cf. le mot du mois d’octobre). C’est nous-mêmes qui nous punissons en péchant, c’est à dire en nous éloignant de Dieu, donc des autres. Le frère Pierre-Yves, de Taizé écrit : « Ce n’est pas Dieu qui punit, c’est moi, en faisant le mal ou en refusant le bien attendu de moi, qui me fais mal à moi-même et vais en me perdant. (Sauvés par la Croix du Christ – Presses deTtaizé, 2007)

 

Le catéchisme de l’Église catholique 1° version indique (p. 317) : « le péché a une double conséquence : il nous prive de la communion avec Dieu…D’autre part tout péché entraîne un besoin de purification, soit ici-bas soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire…Le chrétien doit s’appliquer à se « dépouiller complètement du vieil homme et à revêtir l’homme nouveau » (lettre de saint Paul aux Ephésiens).   « Quiconque a cette espérance en lui se purifie ». (Saint Jean, 3,3)

 

La Conférence des Évêques de France a publié en 2007 un dossier intitulé : Pour approfondir le thème de la fête des morts ». L’Enfer y est défini et aussi le Purgatoire :

« Pour pouvoir rencontrer Dieu face à face, l’homme pécheur a besoin d’une purification est cette purification est éprouvante car elle opère une totale sortie de l’égoïsme, de son quant-à-soi, de son amour-propre. Et cela n’est pas facile ! C’est le sens qu’il faut donner au terme purgatoire quand on l’utilise. Le Purgatoire n’est pas un lieu intermédiaire entre le ciel et l’enfer (qui eux-mêmes ne sont pas des lieux !), il est un état, une attente, une ouverture définitive du cœur et de l’esprit à l’amour de Dieu ».

 

Le père Varillon ( Joie de Croire Joie de Vivre- le centurion 1981) écrit : « Pour revenir à Dieu, chaque atome de notre égoïsme a besoin d’être consumé. Pour que l’amour soit consommé, il faut que l’égoïsme soit consumé ». C’est les sens du feu purificateur, que l’on encontre fréquemment dans la Bible : non pas feu pour torturer, mais feu intense de l’amour de Dieu.

Janvier 2012

La Bible utilise souvent un langage poétique ou symbolique qui peut nécessiter une explication et parfois un « décodage ».  Chaque mois, dans cette rubrique, un mot sera présenté dans un langage courant, plus accessible à ceux qui ne sont pas familiers de l’Église.

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Contact : Alain de Guido, 04 74 60 05 17

 

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