Le feuilleton d’Alain 3e épisode : de Soumans à Perrusson

Lundi 25 avril – de SOUMANS à BOUSSAC

Rappels et clins d’œil du chemin.
Restauration du corps et de l’esprit : naturisme, yoga, sophrologie, massages, méditation, désert, stages, rencontres essentielles de deux grandes maîtresses que sont pour moi Christiane Singer et, Jacqueline Kelen, biodanza, écriture, randonnées et pèlerinage, chant sacré…
Un corps en pleine forme. Je pense à celles qui en ont pris amoureusement soin, et qui ont contribué à ce qu’il soit ce qu’il est aujourd’hui… A ces amitiés fortes qui m’accompagnent sur le chemin, qui hantent mes chemins de solitude…


Eglise de BOUSSAC : rien d’exceptionnel. De chères intentions confiées à Saint Michel….
Mes pas écrivent-ils une prière ?
Qui saura la lire ?
Les frères m’ont-ils vraiment appris à prier ? Et à méditer ?
Qu’est-ce qui me pousse ? Me pousse ou… m’aspire ?
Désir ? Désir !
Désir de quoi ?
D’une montagne sacrée entourée d’océan ? Ou encore d’une flèche pointée vers le ciel ?
Désir de rencontre ?
Rencontre avec l’archange ?
Ou encore avec la sœur Béatrice qui signe son courriel en trois mots qui me harponnent : « fraternellement en Christ » en réponse à ma demande d’hébergement au Mont.
 

Mercredi 27 avril – entre SAINTE SEVERE SUR INDRE et LA CHATRE

La fin de parcours du jour est très plaisante, et le fond de vallée de l’Indre très vert. L’orage menace et je reçois les premières grosses gouttes juste avant de rentrer dans la ville, au franchissement d’un pont pittoresque sur la rivière.
A quelques dizaines de mètres devant moi, une image me happe : celle d’un couple d’amoureux qui pressent le pas, courbent le dos pour s’abriter sous un châle coloré. Lui, passe son bras autour de sa taille ; elle, incline la tête vers son épaule. L’image se fige sur des yeux qui se cherchent, des lèvres qui se rapprochent…
Un instant plus tard au passage du pont, je trouve un bracelet de perles de bois orné d’une clef de sol argentée sur laquelle est sertie une fine pierre à petites facettes brillantes d’éclats bleutés.
Cette image scintillera tout au long du chemin dans ma mémoire.
Couple qui court pour échapper à la pluie, que je tente de suivre sans chercher à le rattraper et que je perds dans le dédale de ruelles qui montent vers la vieille ville. Parfum des glycines et des premières gouttes sur la terre chaude, parfum d’un baiser deviné, et d’une histoire d’amour à peine effleurée et qui demeure attachée à ce bracelet !…
Un peu plus tard, après avoir glissé ce bracelet à mon poignet, je chercherai au hasard de mes pas le clin d’oeil d’un soleil matinal sur la petite pierre, pour y cueillir le délicieux parfum enchanté de toutes les histoires d’amour.

 

Lundi 2 mai – de CHATILLON SUR INDRE à PERRUSSON

VERNEUIL SUR INDRE.
L’église est belle mais fermée. Je m’autorise la visite extérieure du château occupé par l’œuvre des Orphelins d’Auteuil. A l’issue de ma visite, je rencontre et « taille une bavette » avec une prof, un éducateur, l’infirmière et un élève. Ils m’accordent de poursuivre ma visite : à leurs yeux la croix que je porte à mon cou… est un véritable passeport !

En tous villages ou hameaux, partout sur le bord du chemin, la tenue du marcheur, sac au dos et bonnes chaussures, constitue un vrai sauf-conduit. A pieds, à travers la campagne, nous approchons les gens lentement ; ils ont le temps de nous voir venir, tout comme nous avons le temps de les repérer de loin, de les « voir » dans leur attitude de travail, d’attente. Nous ne croisons personne sans qu’il n’y ait un salut, un signe, un bonjour, et souvent un temps d’échange, une offre de boisson : eau, café… Chaleur, accueil, bienveillance se cultivent beaucoup…à la campagne !…Moisson d’humanité, assurée et garantie, sans quotas, sans OGM, ni calamités et autres catastrophes naturelles. Sans spéculation. De l’authentique « tout bio », tout beau, tout bon !

Au bout de quinze jours de marche sans savoir quel toit m’abritera le soir, je ressens comme toute porte ouverte est bonne, tout lit doux à mes rêves, comme le plat le plus modeste voit ses saveurs élevées au carré, « multipliées par elles-mêmes »selon l’expression de Momo.
Toute rencontre est un privilège.

rendez-vous la semaine prochaine pour lire la suite !

Alain Dubuis 

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