Le Carême (suite) – mars 2011

Le début du carême est marqué par un signe : les Chrétiens se couvrent de cendres. C’est d’une part une réminiscence de pratiques antiques pour signifier son désespoir : on se couvrait de cendres, on se déchirait les vêtements, on s’arrachait les cheveux et la barbe.

Mais c’est surtout la reconnaissance profonde de notre condition humaine, marquée par deux aspects : la finitude et le risque de la faute.

La finitude

Dieu a créé l’homme a son image. Pas identique, mais à son image. Pas un clone, mais un être qui possède des possibilités de s’approcher de Dieu. Saint irénée, avec d’autres, rappelle que si le Christ s’est fait homme, c’est pour que l’homme soit appelé à la divinité. Le Christ, Dieu, en prenant notre condition humaine, révèle la part de divin qui est en chacun de nous.
Dieu nous aime. On n’aime pas son clone. Dieu est infini, incréé, par conséquent nous ne pouvons être que différents, ce qui explique notre finitude. (cf. F. Varillon, « joie de croire joie de vivre ».

Le risque de la faute

Nous sommes, êtres humains, toujours tentés par le péché, qui est de s’éloigner de Dieu. C’est le péché originel, qui est d’une part la non-connaissance de Dieu, ou l’oubli de Dieu. D’autre part la tentation toujours renouvelée de se sentir libre de Dieu,
et de trouver notre «connaissance» dans d’autres arbres que celui où Dieu nous nourrit. La fameuse pomme d’Êve et d’Adam n’a jamais existé, la Bible parle « du fruit de la connaissance du bien et du Mal ». L’homme du XXI ° siècle trouve sa connaissance et sa satisfaction dans bien des substituts qui sont «du monde», c’est à dire éloignés de Dieu.

Le jeûne pendant le Carême – ou à un autre moment – n’est pas un but en soi, pour se punir, se mortifier ; c’est un signe d’un jeûne intérieur, qui conduit à se détacher de ce qui nous préoccupe et nous occupe pour se tourner vers le Seigneur, comme d’ailleurs on nous y invite régulièrement au cours de la Messe : « élevons notre cœur », dit le
prêtre ; « nous le tournons vers le Seigneur » répond l’assemblée ». C’est une conversion. Ceux qui ont pratiqué le ski savent bien ce qu’est une conversion : un changement de direction. Le pape Benoît rappelle : « On voit que l’homme recherche une joie sans borne et voudrait avoir du plaisir à l’extrême, il voudrait l’infini. Mais là où Dieu n’est pas, cela ne lui est pas accordé, cela ne peut pas exister. ». (cf. Benoît XVI , « lumière du monde )»

Nous tournons notre cœur vers le Seigneur, et à cette invocation, Dieu répond en rappelant la seule vraie nourriture : « ceci est mon corps, livré pour vous ».

 

 

La Bible utilise souvent un langage poétique ou symbolique qui peut nécessiter une explication et parfois un « décodage ».
Chaque mois, dans cette rubrique, un mot sera présenté dans un langage courant, plus accessible à ceux qui ne sont pas familiers de l’Église.

 

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Contact : Alain de Guido, 04 74 60 05 17

 

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