LE BŒUF ET L’ANE

« ENTRE LE BŒUF ET L’ÂNE GRIS, DORT, DORT LE PETIT JÉSUS ! MILLE ANGES DIVINS, MILLE SÉRAPHINS VOLENT ALENTOUR DE CE GRAND DIEU D’AMOUR. »

 Il n’y a pas si longtemps qu’on chantait encore cette chanson enfantine. Ces deux animaux, dont on ne parle pas dans les Évangiles de la Nativité, figurent par tradition depuis 1223 dans la crèche. C’est François d’Assise qui les y a placés. Mais un sarcophage du IV° siècle représente la nativité avec les deux animaux. Pas étonnant, puisque Jésus naît dans une crèche, l’endroit où les animaux viennent manger. Plus tard, un écrit appelé « pseudo-saint Matthieu » explique que Marie déposa Jésus dans la crèche et que l’âne et le bœuf vinrent l’adorer, accomplissant ainsi l’annonce d’Isaïe. Le pseudo Matthieu n’est pas un Livre de la Bible, peut-être parce qu’on admet difficilement que des animaux puissent « adorer » ; l’Homme en est seul capable.

 

Dans la Bible il y a des bovins ; peu, mais bien présents ; ce sont eux qui tirent la charrue ; et puis le veau d’or bien sûr, et les bêtes sacrifiées à Baal ou Baal lui-même souvent représenté avec une tête de taureau. Ce qui permettait à Osée d’appeler « vaches du Bashan » ceux qui ne reconnaissaient pas le Dieu unique.

 

L’âne lui, est très répandu dans le pourtour méditerranéen comme bête de charge ; il a acquis plus tard ses lettres de noblesse quand il a servi de monture au Christ entrant à Jérusalem sous les acclamations de la foule qui quelques jours plus tard acclamait ses bourreaux.

 

Ces deux animaux ne se trouvent pas dans la crèche par hasard, qui n’existe pas dans la Bible ; écrite dans un but principalement pédagogique elle présente une extrême cohérence car c’est la parole de Dieu.

 

L’âne et le bœuf figurent dans l’Ancien Testament :

– Au Livre d’Isaïe (1,3) : « le bœuf connaît son propriétaire et l’âne la maison de son maître, mais Israël ne le connaît pas, mon peuple ne le comprend pas ».

– Dans le Livre des Nombres (22,24) l’âne discerne la présence de Dieu que l’humain ne voit pas.

– Le Livre de l’Exode (23,12) nous explique que le repos du 7° jour concerne aussi les animaux : « Pendant six jours tu feras ce que tu as à faire, mais le septième jour tu chômeras afin que ton boeuf et ton âne se reposent et que le fils de ta servante et l’immigré reprennent souffle. » C’est le respect dû à ceux qui nous servent et qui sont comme nous des oeuvres de Dieu .

 

À travers l’âne et le bœuf, ne serait-ce pas toute la Création qui est présente dans la crèche ? Elle gémissait en travail d’enfantement et elle peut se reposer car son sauveur est né et elle le reconnaît ; l’âne et le bœuf, qui « connaissent leur maître » soufflent sur l’enfant, indiquant que le Christ est animé du souffle de l’Ancienne Alliance, qu’il vient accomplir et non abolir. L’Ancienne Alliance c’est aussi les Mages qui eux, viennent adorer Jésus et le glorifier par leurs présents ; ayant vu le Christ, ils sont repartis « par un autre chemin », celui de la Nouvelle Alliance. 

 

Alain de Guido

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