Geneviève Morel

Qui, à Villefranche, ne connaît pas Geneviève roulant dans son fauteuil électrique sur les trottoirs ou sur la chaussée… et parfois même à vive allure ?

Oui , et maintenant avec les voies pour les vélos, c’est bien pratique pour moi !

Je suis une vraie caladoise née ici. Mes parents étaient commerçants rue Nationale : ils avaient un atelier de confection de vêtements sur mesure et un magasin attenant. C’est ma mère qui gérait tout : ouvrières, apprenties et vente ;  mon père en était le commercial.

Nous étions une fratrie de trois dans une famille catholique pratiquante. Je suis allée à l’école Notre-Dame, chez les sœurs St Charles (actuellement lycée technique Notre-Dame). Puis quelques années en pension à Civrieux, pour revenir à Notre-Dame pour le secondaire.

À 19 ans je suis partie en Espagne pour être professeur des écoles. Puis la maladie est arrivée(maladie orpheline au niveau du dos).

Après une deuxième opération vers l’âge de 22 ans, je suis restée paraplégique…

Je suis revenue en France en 1973 à la mort de mon père et j’ai trouvé un poste de surveillante à mi-temps à l’école Notre-Dame.

La maladie a évolué de plus en plus. J’ai de nouveaux été opérée, et je me suis trouvée en longue maladie (incurable).

Je vis des moments difficiles liés à la souffrance, mais ayant une certaine force de caractère, j’arrive à vivre presque normalement !

Bien souvent on me dit que j’ai bonne mine ! et je réponds «oui, mais le porte-mine n’est pas bon !».

 

 De quoi sont remplies tes journées ?

 – Je joue au Scrabble avec handisports et je fais des promenades dans le Beaujolais en  fauteuil roulant aussi avec handisports.

– Je regarde la télé : TOUT (et KTO !).

– Je lis, mais malheureusement peu, car ça me fatigue. Mais c’est un plaisir, il me faut une semaine pour lire Famille Chrétienne !

– Je visite une personne à la résidence Athéna chaque semaine.

– J’accueille ici à la maison, des amies qui sont seules. Elles mangent avec moi. ..

– J’accompagne des malades jusqu’au sacrement des malades  … puis la mort. Ce sont des gens proches de moi depuis longtemps ou amies, ou cousines.

 

 Yves et moi t’avons  connue  en catéchèse à Mongré… ?

 Oui, après le cours Perrier je suis allée à Mongré en cinquième. Physiquement il fallait monter le grand escalier jusqu’au troisième c’était très dur : ma catéchèse commençait pour moi dès le bas de l’escalier !

C’est le père Zabbé et Francine qui m’avaient appelée. Mais en Espagne, la catéchèse faisait parti intégrante de l’éducation scolaire.

– Aujourd’hui j’ai un groupe de jeunes  « Mission Thérésienne ». Des enfants de cinq ans à 14 ans. Ils viennent en petits groupes. C’est un temps spirituel et un temps de prière avec un thème à chaque fois.

– Je vais à Foi et Lumière. Ça me fait du bien car ce sont des adultes qui ont besoin d’aide. ..

– La semaine je vais à la messe : là où je peux rentrer avec mon fauteuil roulant, dans les églises ou maisons de retraite.

 

 …Et Lourdes ? 

 Ah ! J’aime Lourdes !

J’y avais été avec mes parents bien sûr !  Et la première fois que j’y suis allée comme malade j’étais tellement heureuse !

Ne pouvant plus faire de retraites à cause de mon fauteuil : donc je « me fais » une retraite à Lourdes !

J’apporte énormément d’intentions  de tous, à tel point que j’oublie de prier pour moi !

 

Dis-nous ce qui te tient à cœur ? 

Avoir confiance en la Providence ! Elle ne fait jamais défaut … ce n’est pas possible !

Comme pour l’élection du Pape, c’est le Saint Esprit qui décide !

Et sinon, pour moi, c’est RESISTER à la maladie et à la souffrance avec le sourire sans que les autres ne s’en rendent compte !

 

                                                                                              Propos recueillis par Martine et Yves Tricou, le 7 juin 2013

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