Francine di Giacomo

Francine

 

Quel beau souvenir cette messe à Mongré : une chapelle pleine à craquer et tous, de 6 à 45 ans, avec un cartable sur le dos… Mais, avant de parler de cela, dites-nous où vous êtes née ?

A BÔNE en Algérie, depuis trois générations de « pieds-noirs ». Mon père était mécanicien automobile. Après un bac Philo et un CAP d’enseignante, j’ai travaillé trois ans à Bône.

L’indépendance de l’Algérie, ce fut en 1962, nous voulions rester bien sûr, mais en 1964, nous avons été obligés de partir…

Ayant connu le Père Michel Zabé deux ans là-bas, il nous proposa de venir ici à Villefranche, et je suis entrée au collège de Mongré qui était tenu par les pères Assomptionnistes.

J’ai beaucoup aimé le film « Les Hommes et les Dieux » : j’ai retrouvé beaucoup de choses vécues là-bas.

J’ai gardé des amis en Algérie et entre autres, une amie vient souvent me voir. Elle est d’ailleurs là en ce moment : elle est musulmane et enseignante là-bas.

A Mongré, j’ai enseigné 37 ans : 23 ans en CP et 14 ans en Maternelle et, j’ai toujours fait le Catéchisme.

Je suis à la retraite depuis onze ans déjà, c’est vrai qu’en 2001, j’ai vécu ce départ avec mes élèves de 6 à 45 ans, ce fut la surprise. Beaucoup étaient là, avec cartable et année de leur CP, sur le dos ! Monsieur Serge, mon directeur, avait eu l’heureuse idée de les inviter. Je vais souvent aux mariages de mes anciens élèves puis aux baptêmes de leurs enfants.

J’aime beaucoup les enfants, je les ai toujours accueillis avec le sourire. J’ai beaucoup d’albums de photos de mes petits élèves, et quand j’arpente la rue Nationale à pieds, j’entends souvent : « Francine…, Francine… ! »

Parlez-nous du Collège de Mongré ?

Mongré, c’est ma deuxième maison. J’y vais toujours, pour le Caté, le soutien scolaire, aussi pour revoir mes anciennes collègues.

J’ai été heureuse à Mongré : « Mongré m’a prise dans ses bras ! ». Les parents d’élèves sont devenus mes amis. C’est vraiment une bonne école. Il y a un bon esprit.

Durant le Carême, il y a toujours un projet de solidarité: on apprend dès le plus jeune âge à partager…

J’aime beaucoup le bâtiment, il est beau. Pour le 150ème anniversaire, Mongré s’est illuminé ! Les journées du patrimoine sont magnifiques : tout Mongré est théâtralisé… et les Petits Chanteurs de Mongré animent cette journée.

Aujourd’hui, à la retraite, quels sont vos occupations et vos engagements ?

– La lecture, plutôt des documents.

– Musique classique et quelques chanteurs : Ferrat, Brassens, Brel, Duteil, Souchon etc.

– La marche : je fais tout à pied dans Villefranche.

– Repas entre amis : j’aime les relations et j’ai la chance d’avoir beaucoup d’amis et des neveux que j’aime…

– Visite des personnes âgées

– Animation des temps de prière à Montaigu

– Je vais à Lourdes avec les Assomptionnistes

– Les voyages : Terre Sainte, plusieurs fois la Roumanie, Rome… et, en France, en montagne détente à St Martin de Belleville ou sur la côte, là où fleurit le mimosa en hiver !

– Une retraite chaque année à Tamié

– Le Caté à Mongré

Quelques mots sur le Caté ?

Je fais le caté en CP : je suis la liturgie, Toussaint, Noël, Carême etc. J’essaye d’apprendre aux enfants à faire la paix entre eux et à s’aimer. Je leur apprends à prier : je prie et ils répètent après moi… Je leur apprends aussi à faire silence et ils savent pleinement le faire.

J’accueille deux groupes de vingt cinq enfants par semaine, ils sont sages, j’ai l’habitude…

Parlez-nous de la résidence Montaigu ?

Montaigu, c’est ma troisième maison ! J’y vais tous les jeudis où il y a une messe en alternance avec un temps de prière. J’anime en tandem avec sœur Monique Bernay. On prépare soit la messe, soit le temps de prière, et c’est alors une grande préparation : textes du jour – prière de pardon – commentaire autour de l’Evangile – prière d’Action de Grâce. Quarante cinq minutes de prière ensemble où viennent trente à quarante personnes.

J’arrive à 15 heures et je ne repars qu’à 18 heures car je reste un moment avec les résidents.

Sinon je porte la communion au Cep, à la résidence Georges Mérard et à domicile : chaque fois, je fais une petite célébration : prière du Pardon, Evangile, Notre Père et Action de Grâce. Toutes les semaines pour certains, tous les mois pour d’autres.

Avec Michèle Rousselon, nous coordonnons toutes les interventions religieuses dans toutes les maisons de retraite de Villefranche, il y en a neuf : Le Cep, le Château du Loup, Athéna, Montaigu, Georges Mérard, Ma Calade, Joseph Forest et Dubure. Pierre de Beaujeu dépend de l’Aumônerie de l’Hopital. Nous sommes quarante bénévoles.

Pour la communion, le célébrant nous confie les hosties à la fin de la messe. J’ai une custode que je pose sur l’autel avant la messe et j’indique le nombre d’hosties dont j’ai besoin.

« C’est tout mon bonheur de porter la communion. Vive Vatican II qui nous a permis, à nous laïcs, de porter la communion. Ainsi on porte à domicile la tendresse de Dieu… C’est le Bon Dieu qui rencontre les malades chez eux ! »

Toujours le sourire, de bonne humeur, de la joie, des yeux pétillants : qu’avez-vous envie de dire aux personnes que vous rencontrez ?

Je dis toujours :

Je trouve ma joie en donnant !

– Je donne un peu et je reçois beaucoup !

– On sème de la joie et on en récolte beaucoup !

– Soyez heureux de donner !

Propos recueillis par Martine et Yves Tricou, 21 mai 2011

 

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