Eucharistie

Ce mot venu du grec ancien signifie remercier, rendre grâce. Bien sûr pour ce que Dieu nous a donné, et plus particulièrement son fils le Christ Dieu fait homme ; donc révélateur de ce qu’il y a de divin dans notre condition humaine. Saint Irénée et saint Athanase l’exprimaient ainsi : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu.» Jésus nous entraîne dans son ascension : « Là où je suis vous serez aussi. » (Évangile de saint Jean 14,2-3)

L’Eucharistie est un des sept sacrements de l’Église avec Baptême, Confirmation, Mariage, Réconciliation, Ordination ; c’est surtout un sacrement « à part ». Selon le Concile Vatican II l’Eucharistie est « Source et sommet de toute vie chrétienne » (Constitution Lumen Gentium 11) car elle nous rend participants au corps du Christ : « Engrangés lors de leur entrée en catéchuménat, moulus par les efforts de conversion qui leur étaient demandés, imbibés d’eau à la fontaine baptismale pour devenir une pâte, passés à la cuisson du feu du Saint Esprit et ainsi devenus le pain du Seigneur, ils ont à devenir ce qu’ils ont reçu : le corps du Christ » (saint Augustin sermons 29-9)

Dans l’Eucharistie, le Christ se donne : « Ceci est mon corps » (Évangile de saint Matthieu 26,26-28). En redisant ces mots, le prêtre à chaque Messe, n’évoque pas un souvenir, ne fait pas que répéter, il rend présent le Christ ; c’est Pâques recommencée. C’est le sujet de la grande disputation entre Catholiques et Réformés sur la « présence réelle ». Pour les Catholiques le Christ est présent dans l’hostie. Pas pour les réformés. Pourtant le Christ lui-même a dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.» (Évangile de saint Matthieu 18,15-20) Pas au milieu de l’assemblée, quelque part sur les bancs ; au milieu de chacun, en chacun, au plus profond de chacun ; l’Eucharistie rend perceptible cette présence puisqu’elle fait pénétrer réellement le corps du Christ en chacun.

L’Eucharistie a été instituée par le Christ au cours de la Cène, le dernier repas pris avec les douze, au soir du Jeudi Saint. Au même moment, il dit à Judas qui l’a vendu aux chefs des Juifs : « ce que tu as à faire fais-le vite. » (Évangile de saint Jean 13,21-33) Il se livre à ceux qui vont le crucifier. Au même moment, il lave lui-même les pieds des apôtres, geste symbolique de purification : c’est lui qui nous purifie et nous sauve du péché ; en faisant ce geste, il se fait serviteur. Le lien avec l’Eucharistie et la passion du Christ est clair : Jésus se livre, se donne, pour nous ; s’abaissant il nous élève, mais en nous demandant de le suivre, c’est-à-dire de nous faire serviteurs. C’est d’ailleurs ainsi que l’on nomme le Pape : serviteur des serviteurs.

 

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