Esprit

« Tout ça s’est fait par l’opération du Saint Esprit ». Dans le langage courant, cela signifie « sans qu’on sache comment et sans que l’on sache qui a agi ». Le Saint Esprit ne serait donc perçu que par ses effets. Remarquons au passage que même des athées utilisent cette expression, ce qui témoigne malgré les efforts de quelques acharnés, de l’imprégnation chrétienne, donc juive de notre culture et de ses « racines ».

 

L’Évangile de saint Jean (3,8) lie Esprit et souffle : « Le vent souffle où il veut et tu entends son bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit.» L’Esprit est un souffle, comme ce qui anime les prophètes, ceux qui inspirés prononcent des paroles divines.  

 

L’Esprit n’a de sens que par la « Trinité » : Un Dieu unique qui se révèle et vit en trois personnes : le Père créateur, le Fils, qui révèle aux hommes leur possible élévation vers le divin, et l’Esprit, qui lie le Père et le Fils et par conséquent le Père aux humains. Relation donc ; et ce qui relie une personne à une autre c’est l’amour. L’Esprit est esprit d’amour ; il n’est que cela, de même que Dieu « tout puissant » n’est tout puissant que d’amour. Esprit d’amour, souffle de vie ; Esprit de vie, de relation aux autres car nous ne pouvons vivre seuls, nous ne sommes humains et ne vivons qu’avec les autres. Montaigne le dit : « Nous ne sommes Hommes et ne tenons les uns aux autres que par la parole ; mentir est donc un mauvais vice. » Mentir à quelqu’un c’est rompre la relation, c’est ne pas l’aimer, car c’est ne pas s’aimer soi-même. C’est à vous couper le souffle !

 

Le Christ dit : « Quand vous priez, dites : Notre Père ». Pas « mon père », mais « Notre Père ». Il est Notre Père parce qu’il est créateur de tout et de tous ; dès l’origine et aussi chaque jour, mais aussi parce que nous ne pouvons l’honorer seul.

 

L’Esprit, c’est l’action de Dieu en nous, c’est ce qui donne la vie, le souffle, la force. Le Christ dit aux apôtres acagnardés, racrapotés, bouclés dans une pièce par la peur : « J’enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » (Évangile de saint Luc 24,29) Et à la Pentecôte, ils recevront une énergie qui les poussera à sortir, à proclamer la parole de Dieu, avec une force telle que chacun quelle que soit sa langue comprend, parce que c’est la langue de l’amour de Dieu pour les hommes.

 

L’Esprit transforme, éveille : ce sont les 7 dons de l’Esprit (Livre d’IsaÏe 11,2) : sagesse, discernement, conseil, force, connaissance, crainte du Seigneur (voir le mot du mois de juillet 2012) et piété. C’est tout ce qui met en condition humaine, celle que le Christ en prenant notre corps, notre chair, a montré comme possible ; il nous attire vers le haut

Dans son Ascension, nous remet en relation à Dieu qui nous a donné « domination » sur toute chose, y compris et surtout sur nous-mêmes, nous sortant ainsi de notre animalité, de nos instincts, du « tout, tout de suite » et du « tu vas voir ta tronche à la récré ! ».

 

Saint Jean écrit : « La Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. » (Évangile de saint Jean 1,14-17)  C’est donc une « grâce », qui nous est donnée, par le Baptême et la Confirmation, les deux sacrements de l’Esprit ; grâce, = sanctification : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » (Évangile de saint Jean 3,5)

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