Edito

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,33-37.

« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. »

Restez éveillés, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.

Voilà ce qui pourrait devenir une maxime pour ce temps de confinement.

Les raisons de s’endormir sont nombreuses. Il s’agit bien sûr de l’endormissement spirituel. La première raison est la lassitude. Nous sommes las de ne pouvoir rien faire, impossible de nous retrouver, de nous rassembler, de célébrer. Bien sûr certaines églises sont ouvertes et le Seigneur nous attend mais il faut venir seul, en catimini, sur du temps comme volé. Aller prier n’est pas une activité essentielle, elle n’est pas indiquée sur nos dérogations, alors il faut faire attention.

La seconde raison est que cette lassitude se double, pour certains, par un manque de goût, par une habitude à ne plus être en relation même avec Dieu.

La nature ayant horreur du vide, le temps passé ensemble, lors de nos eucharisties est remplacé par une autre activité. Un jogging : il faut bien rester en forme et le marathon est repoussé. Des courses : il faut bien remplir le frigo et le marché couvert est ouvert. Rien : car ne rien faire cela fait du bien. Insensiblement, sournoisement, peu à peu la vie chrétienne s’affadit, devient inexistante. Il y a encore chez certains le souvenir des moments passés ensemble mais ils s’estompent et laissent la place à de la colère, à du regret, à de la nostalgie. Avant c’était le bon temps … on était à la messe. Et l’on s’endort sur son passé.

Réveillez-vous !

Ne vous laissez pas aller. Ne laissez pas votre foi s’éteindre parce que vos pas ne vous conduisent plus à la messe. Devenez croyants vous qui étiez des pratiquants. Le ton est rude mais la réalité l’est encore plus. À l’issue de la première épreuve de confinement, plus d’un tiers des pratiquants sont restés chez eux quand les églises se sont de nouveau ouvertes.

Qu’en sera-t-il demain ? Un autre tiers va-t-il aussi se calfeutrer et entrer dans une résistance mémorielle ?

La foi ne peut être un souvenir, elle est une réalité vivante qui s’entretient. Pensez-vous que le Seigneur vient ou qu’il s’en est allé ? Va-t-il dire : ils ne sont plus là, ils m’ont déçu, je les quitte.

Non, sans relâche le Seigneur vient à notre rencontre, jour après jour, année après année, il se fait l’un des nôtres pour que nous devenions comme il est : fidèle et sûr.

Nous commençons notre temps de l’avent, le temps d’un nouvel avènement, d’une nouvelle venue. À nous de nous ressaisir et de manifester la réalité de notre foi.

                                                                                                      Jorge JIMENEZ