Edito

Dimanche 5 avril 2020

Dimanche des Rameaux et de la Passion

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Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 21,11-11

Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

L’agitation de la foule à l’approche de Jésus et le silence de notre confinement. Il y a là un contraste saisissant et troublant. Jamais comme cette année nous n’avons ressenti ce temps de carême comme un long chemin de préparation à des fêtes que nous ne pourrons célébrer que dans l’intimité de notre foyer, seul ou en famille, dans le plus grand respect des règles de confinement.

Le dimanche des rameaux (Dimanche des Rameaux)  ouvre la semaine sainte. L’Église entière se met en chemin avec le Christ et elle va vivre au rythme des offices.

Il y a le contraste entre les deux temps de ce dimanche où l’on passe de l’exubérance de l’entrée messianique au drame de la passion. Nous allons mettre à mort celui que nous acclamons. Le « nous » représente l’humanité qui n’a pas de visage et pas de conscience. Cette humanité qui met devant elle la satisfaction immédiate de ses désirs, au détriment du bien commun. Ne croyons pas que nous ne faisons pas partie de ceux qui crient « hosanna » puis « à mort » dans le même souffle ; regardons notre comportement et nos pensées, il y a en nous une dualité que seul l’amour du Christ peut réconcilier, ne soyons pas trop rapides à nous dédouaner.

L’Église va vivre ensuite la messe Chrismale avec la bénédiction des trois huiles : celle des catéchumènes, celle des malades et le saint Chrême. L’Evêque va nous donner les huiles pour les onctions. Ces huiles prendront soin des malades et les équiperont pour le combat de la santé, elles fortifieront les catéchumènes et leur donnera de résister aux attaques du malin, Satan le diviseur, qui ne veut pas que nous devenions enfants de Dieu et que nos cœurs se tournent vers le créateur de tout bien. Pour finir il consacrera le saint Chrême qui donne l’Esprit Saint et revêt de force ceux qui en sont oints. Le saint Chrême est le don de Dieu reçu au baptême pour avoir une colonne spirituelle bien faite et pouvoir discerner ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, à la confirmation pour pouvoir prendre soin des nos frères et engager nos vies dans un choix fondamental, célibat, consécration ou mariage. Enfin le saint Chrême est utilisé pour la consécration des évêques et des prêtres, mais aussi de tout objet qui reçoit le Christ pour le donner au monde.

Nous entrons dans le triduum pascal par avec Jeudi saint (Jeudi Saint).  Jeudi nous ferons mémoire de l’identité même du disciple du Christ le service et nous ferons mémoire de la cène du seigneur.

« Je vous donne un commandement nouveau », nous pouvons nous demander en toute humilité si ce commandement a pris toute sa place dans notre vie. Suis-je serviteur ou est-ce que j’exige, par des moyens plus ou moins détournés, que l’on me serve ?

Le Christ nous donne ce même jour l’Eucharistie et nous en avons fait la messe. L’Eucharistie est unique et il n’y a qu’une seule Eucharistie, celle de Jésus Christ qu’il a vécu le 6 avril 30 dans la chambre haute avec les disciples et ce pour la consommation des siècles. Le prêtre agit lors de la messe in personae Christie, c’est-à-dire qu’il y a comme une réduction du temps et c’est Jésus lui-même qui nous invite à sa table pour nous appeler ses amis. Eucharistie et service sont intimement liés, vivre l’un sans l’autre serait trahir le commandement de Jésus : « faites cela en mémoire de moi. »

La fin de ce repas pascal nous ouvre l’arrestation et le chemin de la croix (Chemin de Croix pour les enfants , Chemin de Croix pour les  jeunes , Chemin de Croix pour les adultes) Le chemin de la croix est aussi un chemin pour nos vies. Il nous faut apprendre à accepter nos chutes et nos relèvements, accueillir ceux qui nous tendent la main et ceux qui nous crucifient. Ce chemin de vie passe par la croix. Elle devient pour nous le lieu de notre salut. Le lieu où le Christ nous attire à lui pour nous offrir au Père. N’est-ce pas le sens des croix que nous portons ?

Vient ensuite le long silence de Dieu, trois jours où l’humanité déchue croit avoir mis à mort Dieu

Elle se dit qu’enfin elle s’est débarrassée du gêneur et qu’elle peut faire ce qui lui plaît, elle n’a plus de Dieu ; lui reste-t-il un maître ?

Nous voici aux vigiles, nous allons découvrir que le mort à vaincu la mort, (Vigile pascale) le Christ est vivant et ensemble nous fêtons la résurrection, mais aussi les résurrections, nos résurrections. La lumière brille dans les ténèbres. Les ténèbres de l’humanité sont vaincues, il y aura toujours la vie qui sera plus forte que la mort et que nos désirs de néant. La flamme brille, elle éclaire et réchauffe. L’histoire de l’humanité est une histoire de la rencontre de Dieu et de son peuple, nous sommes de ce peuple qui se laisse rencontrer par Dieu. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes découvrent l’amour de Dieu et veulent devenir enfants de Dieu par le baptême.

Le Christ veut se donner une nouvelle fois entre nos mains pour nourrir nos vies. Nous allons pouvoir proclamer notre foi : Le Christ est vivant, alléluia ! Le Christ est Ressuscité, il est vraiment Ressuscité.

Cette année nous allons vivre le repas pascal autour de la table familiale ; la liturgie proposée pour la vigile nous invite à ce temps d’agape.

Nous espérons que très vite nous pourrons sortir de ce confinement et préparer les vigiles de Pentecôte où nous pourrons avec nos frères et sœurs catéchumènes vivre la joie des sacrements de l’initiation, baptême, communion et confirmation en paroisse. Avec eux nous nous réjouirons et ferons mémoire de cette longue et éprouvante épreuve que nous avons passée avec le Christ.

Ce texte est un peu long mais il a pour objet de nous accompagner tout au long de cette sainte semaine, si particulière, en confinement, de 2020.

Que Dieu nous bénisse et qu’il prenne soin de nous comme nous prenons soin de nos frères.

Jorge JIMENEZ