Edito

Dimanche 17 mars 2019 – 2ème dimanche de Carême

« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,28b-36.

« Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. »

Après les trois tentations au désert, nous voila avec la bande des trois : Pierre, Jacques et Jean. Nous le savons à présent quand Jésus invite ces trois-là à le suivre, c’est qu’ils vont être témoins d’une révélation qui modifiera le cours de leur existence… comme de la nôtre.

C’est bien évidemment le cas en cette nuit ; les disciples sont accablés de sommeil, la nuit est le lieu de la peur et de la mort.

En cette nuit, Jésus devient resplendissant comme le soleil. Il est la lumière qui vient briser la nuit, il est celui qui va vaincre notre peur de la mort.

Pierre, Jacques et Jean, bien que témoins privilégiés, ne sont pas les seuls présents avec Jésus. Moïse et Élie sont là aussi, et ils s’entretiennent avec Jésus de son départ pour Jérusalem. Nous sommes présents à ce signe éclatant de la résurrection, et nous sommes surpris que l’objet de leur conversation soit simplement le départ pour Jérusalem. Si le Christ doit aller à la ville de David, et que ceci revête une telle importance, il nous faut aussi comprendre qu’il y a là un enjeu particulier et que nous sommes nous aussi invités à entrer dans ce mouvement.

Il ne faut pas avoir fait six ans de séminaire pour savoir que Jérusalem est le lieu des plus grandes des tentations. Les « sachant », grands prêtres et scribes ont pris le contrôle du temple, Dieu est sous surveillance. Le pouvoir de l’armée est présent à chaque coin de rue. L’argent règne en maître, il est partout visible entre changeurs, commerçants et collecteurs d’impôts. Jérusalem est la ville où se concentrent avoir, pouvoir et savoir, c’est la ville des plus grandes tentations, la ville où la relation véritable à Dieu est la plus difficile.

C’est là que Jésus doit se rendre et c’est là qu’il doit montrer que la vie est plus forte que la mort. En cet endroit où la mort semble avoir gagné, où la mort croit avoir soumis l’humanité à son pouvoir et asservi Dieu, Jésus va manifester la force de la vie et la présence de Dieu.

Il nous faudra nous aussi aller à Jérusalem, à nos Jérusalem du quotidien, à nos Jérusalem personnelles, là où nous croyons que la mort a remporté la victoire, là où nous avons abdiqué parce que nous ne nous sentions plus la force de manifester la vie et d’entrer dans le combat. Avec Jésus la vie est plus forte que nos morts et nous devons le manifester.

Nous sommes des ressuscités marqués du signe de la vie.

 

Jorge JIMENEZ

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Pensée du pape François  

Le christianisme est une rencontre avec une personne. C’est la stupéfaction, l’émerveillement d’avoir rencontré Dieu, Jésus-Christ, la parole divine. Quand l’Église oublie cela, elle se transforme en ONG. Et cela n’est pas témoigner ; c’est quand il y a émerveillement qu’il y a témoignage.