Edito

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2-10

« Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus.»

La Transfiguration. Nous avons l’habitude de proclamer ce texte au mois d’août, et voilà que la liturgie de ce dimanche de carême nous le donne  une fois de plus à méditer.

Le contexte est radicalement différent, nous sommes entre le salut d’un unique homme, Isaac, lors de sa ligature, le sacrifice d’Abraham, et le salut de toute l’humanité par le Christ lors de son unique sacrifice sur la croix. L’épisode que nous présente l’Évangile nous situe hors du temps. Jésus ressuscité s’entretient avec deux des plus grandes figures de l’histoire d’Israël : Élie et Moïse. Jésus est au centre de ce tableau, il leur parle d’égal à égal. On a presque l’impression que Moïse et Élie se mettent à l’école de Jésus. Il parle et eux ils écoutent. Jésus enseigne, le seul sujet qu’ils peuvent avoir est le salut.

       Élie le prophète, a sauvé son peuple des tromperies des dieux de Baal. Moïse a sauvé son peuple des mains de pharaon. Mais ces saluts ne sont qu’éphémères. L’homme cherchera toujours des nouveaux dieux Baal à qui rendre un culte, il désire un bonheur immédiat et malheureusement éphémère. Ce même homme se met sous la domination d’une puissance qui ne fait que l’exploiter, lui faisant croire qu’il a atteint la pleine mesure des ces capacités et qu’il est indispensable, là aussi il ne s’agit que d’un rêve de puissance éphémère. L’homme, en fait, ne cherche qu’à exister. C’est une forme de salut, mais en cherchant un salut qui vient de lui, l’homme ne pourra qu’être déçu. En voulant être toujours plus grand qu’il ne l’est réellement, il ne fait que  créer des dieux à son image.

Le seul Dieu qu’il a à chercher est celui qui lui donne la vie, l’existence et l’être, en lui offrant la sienne, et qui ne demande rien en retour.

Il n’y a que le fils de Dieu qui respecte l’homme au point de lui offrir le salut sans contrepartie, si ce n’est l’amour. Notre Dieu nous offre la liberté de le suivre et de le choisir, de l’aimer et de le servir.

En ces premiers jours de carême, quel est le dieu que nous cherchons ? Quel dieu est notre Dieu ?

   

Jorge JIMENEZ