Dieu incarné « et le Verbe s’est fait chair » ( Saint Jean 1,14)

Incarné ; du latin «  in carne = en chair ». Comme on dit «  je l’ai vu en chair et en os ».

Et c’est exactement ça, l’incarnation : le Christ dit : « qui me voit, voit le Père » ( Évangile de Saint Jean, 14,8)

 

Pourquoi cette incarnation ?

 

L’Ancien Testament nous relate l’alliance conclue entre Dieu et un peuple : Israël ( symbole de tous les peuples). Le Nouveau Testament nous dit la nouvelle alliance : Dieu s’allie à chacun de nous ; le Christ n’a pas assumé une nature humaine, mais LA nature humaine. Il est l’homme unique et toujours reconnaissable. Pilate envoyant Jésus aux chefs des Juifs, dit : «Ecce homo, voici l’homme » (Évangile de Saint Jean 19,5). Voici l’homme que vous vouliez ; mais aussi, mais surtout, comme le dit le frère Pierre-Yves : « voici l’image même de l’homme » (sauvés par la croix du Christ, éditions de Taizé).

Le Christ est chaque homme et tous les hommes. L’assemblée plénière des Évêques à lourdes en 1968 rappelait que « le salut chrétien est universel en même temps que personnel ». Ce que le frère Roger, supérieur de Taizé formulait différemment : «Dieu est uni à chaque être humain sans exception ».

 

L’incarnation nous dit aussi que le Salut, le Paradis, le ciel, la Résurrection, ne sont pas seulement du domaine de l’au-delà, donc de l’espérance, mais sont accessibles dans cette vie, domaine de la raison. Le Cardinal Ratzinger écrivait en 1977 : « L’homme est dans le ciel quand, et dans la mesure où il est auprès du Christ, par qui il trouve le lien de son être en tant qu’homme, dans l’être de Dieu ». (La mort et l’au-delà, Fayard ). Dans ce même livre, il dit encore : «  Il s’agit de l’imprégnation de l’homme par la plénitude de Dieu ». Le royaume de Dieu est là, simplement parce que le royaume de Dieu c’est le Christ.

 

Dieu, par l’incarnation est venu chez nous. Le Christ dit à Zachée : «  il me faut demeurer chez toi » (Évangile de Saint Luc 19,1-10). Par l’incarnation, Dieu nous donne dans le Christ un modèle d’humanité, nous rappelant ainsi que notre condition humaine aspire à quelque chose qui la dépasse ; Saint Irénée, comme Saint Athanase l’ont dit : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme se rapproche de Dieu ». La Constitution Gaudium et Spes du Concile Vatican II précise : « Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus qu’homme ».

 

Le frère Pierre-Yves explique l’incarnation en disant de Jésus : « on peut dire qu’il prend notre place pour vivre devant Dieu une existence humaine qui réponde parfaitement à l’amour de son Père ; il prend notre place sans nous l’enlever, au contraire. Par sa naissance humaine, c’est ma vie qu’il prend en lui, en vue de me donner part à la sienne ».

 

Et Saint Paul, dans sa lettre aux Colossiens (3,3) conclut : «  notre vie est désormais cachée avec le Christ, en Dieu ».

 

Décembre 2011

La Bible utilise souvent un langage poétique ou symbolique qui peut nécessiter une explication et parfois un « décodage ».  Chaque mois, dans cette rubrique, un mot sera présenté dans un langage courant, plus accessible à ceux qui ne sont pas familiers de l’Église.

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