Claude Minot

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Nous sommes heureux aujourd’hui d’interviewer une vraie caladoise de naissance ?

Oui, je suis née à Villefranche. Ma famille est caladoise depuis 4 générations. Aux environs de 1925-1930, mon père vendait de la mercerie en voiture dans tout le Beaujolais auprès des couturières qui étaient nombreuses à cette époque, tandis que ma grand-mère tenait déjà une mercerie en ville. Mes parents ont continué ce commerce. Ils ont eu 5 enfants.

Dès l’école primaire, je suis allée en pension à Pommiers à Notre-Dame de Montclair chez les sœurs Saint Joseph. Puis, ce fut la Martinière pour un BSEC en comptabilité.

Je me suis mariée avec Jean en 58, un caladois aussi, nous habitions la même rue ! Il était d’une famille de teinturiers depuis 1848. Nous avons eu 4 enfants.

J’ai donc travaillé en comptabilité chez Gardette, puis chez moi, pour élever mes enfants. Je donnais des cours particuliers et j’ai commencé à faire la comptabilité pour mes parents et  la teinturerie Minot. En 79 j’ai rejoint mon mari qui avait repris le commerce de mercerie en 1973. Le contact avec la clientèle était pour moi très agréable. Après la vente de notre commerce en 91, j’ai travaillé jusqu’à la retraite chez Socadip (distribution de journaux).

 

Quels sont tes hobbies ou tes passions ?

Alors vraiment le sport : les hirondelles (gym) ; la natation ; le tennis lorsque j’étais plus jeune ; la montagne été-hiver ; maintenant le yoga et la marche, bien souvent en solitaire, car je peux penser ou méditer.

J’aime beaucoup lire…

J’aime aussi la musique classique, un peu le jardinage, et les voyages que nous faisons Jean et moi en France et à l’étranger.

Les contacts avec les autres c’est très important pour moi…

 

Quels ont été tes engagements au sein de l’Eglise ?

Etudiante : la JEC, la JIC, puis ACI en couple avec le père Christophe (c’est lui qui a fait construire l’église de Belleroche).

Bien sûr les parents d’élèves et la catéchèse à Notre-Dame puis à Belleroche avec le Père Théveniaud et le Père Jean Lacombe.

Quelques menus services : le nettoyage de notre église de Belleroche, l’été aller ouvrir quelques dimanches la chapelle de Buisante, l’art floral en équipe, les funérailles pendant 12 ans, et maintenant je porte la communion à 7 personnes âgées en Résidence ou à domicile ; enfin, je fais partie de l’équipe « Accueil » à Notre-Dame.

 

Les funérailles durant 12 ans : pourquoi ce service qui est difficile… ? Mais dis-nous comment appréhender les familles et construire la célébration ?

J’ai été appelée par Sœur Marinette, déjà active dans ce service.  J’ai hésité… Et lors d’une retraite, j’ai pris la décision d’accepter. Donc, formation puis démarrage avec elle en 98 ainsi que Roger CLERGUES et Mab GUIGNARD. J’ai célébré une quarantaine de funérailles par an.

Je prenais rendez-vous par téléphone avec la famille pour la rencontrer à la cure ou quelques fois à domicile. Toujours très surprise de voir une femme… Mais ensuite je recevais des témoignages et des remerciements…

A la cure je recevais la famille environ 1 heure ½ : d’abord la faire parler sur le défunt, écouter aussi leur révolte parfois et autres difficultés. Chaque famille est différente… L’écoute est le plus important, et ensuite il faut trier. Souvent il y a une grande pauvreté spirituelle, mais aussi de grandes richesses humaines et beaucoup de solidarité dans les familles. J’ai été marquée par la confiance que ces gens me manifestaient. En repartant, ils étaient apaisés, presque souriants, la rencontre leur avait fait du bien.

Avant chaque rencontre, je priais l’Esprit Saint, mais durant l’entretien, très rarement une prière avec la famille…

Ce qui est important pour moi : à travers ce que me disent des personnes soi-disant athées ou loin de l’Eglise, je reconnais la pratique de l’Evangile.

Après l’échange il faut préparer la célébration et essayer d’être vrai, ne pas en rajouter, savoir ce qu’il faut dire ou ne pas dire, il faut discerner…

Pour le choix des lectures il fallait « creuser » avec les familles… L’important c’est qu’à travers moi, le Seigneur fasse passer le message !

C’est magnifique ce que le Seigneur peut faire à travers nous…

Au service des funérailles, j’ai beaucoup donné mais aussi beaucoup reçu !

 

Aujourd’hui, quel message voudrais-tu nous dire ?

On fait partie Jean et moi de la spiritualité du carmel à Notre-Dame de Vie : « Il est vivant, le Dieu devant lequel je me tiens » (Elie). Quand on découvre cette relation avec Dieu, on ne peut qu’avoir envie de la transmettre… Et je ne peux pas vivre sans l’Eglise dans sa dimension sacramentelle, communautaire et paroissiale.

Je terminerai par 2 Corinthiens 1,3-4 (passage qui m’a interpellée de nombreuses fois) : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort. Dans toutes nos détresses,  Il nous réconforte ; ainsi nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. » (Traduction officielle de la liturgie).

Propos recueillis par Martine et Yves Tricou le 6 novembre 2011

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