Accompagnement des familles en deuil : témoignage

Je me présente, Denis FORISSIER, je ne suis ni prêtre, ni diacre, marié quatre enfants et neuf petits-enfants.

 Rassurez-vous je ne vais pas vous refaire une homélie.

 Mais pourquoi mon intervention ?

 Parce que je fais partie de l’équipe d’accompagnement des familles en deuil, de la Paroisse Sainte Anne des Calades.

 Nous sommes neuf laïcs comme vous, et un jour nous avons répondu à l’appel du Père Geoffroy Genin, notre ancien curé.

 Pourquoi avoir répondu « Oui Geoffroy, je viens t’aider » ?

 Est-il normal que notre grande famille chrétienne, que notre grande paroisse dont nous sommes tous membres, laissent les familles sans soutien dans la tristesse d’un deuil sans accompagnement? Sans un peu d’aide ?

 Vous ne pouvez pas ignorer qu’il manque des prêtres et des diacres pour mieux vous accompagner. Leurs ordinations ne leur confèrent pas le pouvoir de se dupliquer, ni d’être à la même heure en deux endroits différents.

 

Pour ma part, j’ai mis un an avant de répondre « Oui ». Avec le recul, je reconnais que cette réflexion n’était pas inutile, c’est un engagement fort dans la vie de notre foi, demandant une implication profonde.

 Puis vient le temps des questions : Comment vais-je faire ? Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? Serais-je capable de recevoir une famille, de conduire une cérémonie de funérailles, choisir des chants et des lectures ? ETC…

 

Dans la réalité, tout se passe plus facilement. Dans un premier temps, les prêtres  et les « anciens » m’ont soutenu.

 

Pendant cette première période de formation des réunions au niveau de la paroisse et du diocèse m’ont guidé pour me permettre peu à peu d’assurer seul la conduite d’une cérémonie de funérailles.

 Pour les commentaires des textes, ma participation à une équipe de réflexion et de prières m’a beaucoup servi. Puis j’écoute les sermons des messes et autres cérémonies, commentant les textes des livrets comme Prions en Eglise, pour en découvrir plus en profondeur les enseignements.

 

Chaque cérémonie de funérailles est quelque chose d’à part.

 Lorsque nous rencontrons une famille, notre principale force est d’écouter. Ecouter leurs paroles de tristesse, écouter nous décrire la vie du défunt, les joies et les peines vécues avec celui-ci,  comprendre ce qu’elles attendent de nous, la notion de temps doit complètement disparaître pendant ces instants privilégiés, peu à peu ensemble nous bâtissons la cérémonie de funérailles dans la recherche de cette espérance que la résurrection de Jésus-Christ nous a donnée.

 

Oui la mort n’est pas une fin, mais au contraire le début d’une vie nouvelle, nous rendant semblables à des anges, et lorsque nous prions nous entrons en communion avec Dieu et avec tous les défunts, comme nous le rappelaient les textes de la fête de la Toussaint.

 

Nous avons peur … peur de ne pas trouver les mots justes, les mots qui donnent espérance aux familles et qui leurs permettent de reprendre leur chemin vers Dieu, après ce temps de tristesse et que de nouveau elles retrouvent des joies.

 

Sans oublier les petites peurs : que la cérémonie se déroule mal, que le lecteur de CD et les sonorisations ne fonctionnent pas, qu’il ne manque pas d’eau bénite et de lumignons, les fausses notes de chants ETC…

 

Notre plus grande récompense et de voir sur les visages des proches du défunt moins de tristesse que lorsque nous les avons reçus, après ce partage de l’immense amour de Dieu. Ils étaient des étrangers, ils sont devenus des amis.

 

Ma conclusion, vous l’avez devinée. Il est indispensable de renforcer notre équipe d’accompagnement des familles en deuil. N’ayez pas peur de dire « OUI » au Père Georges JIMENEZ, notre nouveau curé, n’ayez pas peur nous vous aiderons.

 

Avez-vous des questions à poser ?

 

Denis Forissier
intervention lue lors du dimanche des défunts, 2 novembre 2014

 

 

 

      

 

 

 

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