« Les rois » mages – janvier 2011

Vive le Roi ! le Roi boit ! Et il se choisit une reine. On partage la galette, etc…

Oui, mais voilà : les mages n’étaient pas des rois, et à l’histoire originelle, déjà si belle et si pleine de sens, tout un folklore s’est surajouté ; il y a même dans certaines régions de l’Europe, un quatrième « roi » mage, qui, n’ayant pas trouvé Jésus, erre en distribuant ses cadeaux aux enfants qu’il rencontre.

C’est l’Évangile de Saint Mathieu qui parle des mages (2.1-12). Dans les anciens écrits – par exemple dans l’Ancien Testament au livre de Daniel (2.1-3) – les mages sont des prêtres, des savants, probablement astronomes, venant d’Orient, probablement de Perse. En se prosternant devant le Christ, ils témoignent de ce que les anciennes croyances s’effacent devant cette lumière nouvelle. Leurs présents renforcent ce témoignage : l’or, que l’on offre aux Rois ; l’encens que l’on offre à Dieu ; et la myrrhe, aromate destiné à embaumer les morts, leur assurant une vie éternelle ; trois présents symboles des trois réalités du Christ : Roi, prêtre, et homme.

Trois présents, d’où l’on a déduit qu’il y avait trois mages, ce que Mathieu ne dit pas, pas plus qu’il ne mentionne leurs noms. Quant à leur titre de rois, également absent de l’Évangile, il s’agit peut-être d’une interprétation du Psaume 72, (10-11) : « Les rois de Tarsis et des îles enverront des présents…Tous les rois se prosterneront devant lui ».
Après avoir vu le Christ, les mages sont repartis par une autre route que celle de leur arrivée. Les Pèlerins d’Emmaüs en feront autant quelques jours après Pâques : Le Christ change nos vies ; il nous met en route sur ses chemins ; il est le chemin nouveau proposé aux hommes.

Il s’agit de conversion. Écoutons le Pape Benoit :

« Nous devons montrer, en tant que chrétiens, que l’infinité dont l’homme a besoin ne peut venir que de Dieu … l’un des éléments de cette conversion consiste à remettre Dieu à la première place. Alors, tout devient différent. » (1)

 

(1) Benoit XVI, Lumière du Monde, Bayard. 201

 

La Bible utilise souvent un langage poétique ou symbolique qui peut nécessiter une explication et parfois un « décodage ».
Chaque mois, dans cette rubrique, un mot sera présenté dans un langage courant, plus accessible à ceux qui ne sont pas familiers de l’Église.

 

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